à toi qui étais là

qui ne voyait pas les mille rouges fagots fumants de mon désir

et leurs gerbes d’étincelles

à toi qui étais là et qui m’a retenue je m’en souviens très bien

dont les yeux d’amoureux se doraient de prairies

d’ailleurs je n’oublierai jamais ce moment quand leur faune paisible

fit luire ses crocs

cela ne s’oublie pas

à toi qui ne mords jamais mais tout à coup voulait mordre déchirer moudre

quel jour était-ce déjà cela seulement je ne m’en souviens pas

 

tu sais bien tu étais un ours j’étais une ourse

pour un ours tu étais bon pour un ours

mais moi une ourse en forêt devant un feu qui ferait fuir l’ours

bien sûr puisque je l’ai fait bien que ce fût impossible

c’est soit disant impossible pourtant je l’ai fait

j’ai fait cela depuis moi l’ourse je regrette

tes yeux aussitôt n’ont plus lui et ta gueule ferme et museau

se fit peureux effrayé à nouveau par les braises

tu étais ours j’y ai vu ta pensée qu’il s’agit d’un ancien chasseur

que c’est le siècle des gens méchants

 

que sûrement je suis armée mais je ne l’étais pas vraiment

ne chassant pas mais j’avais peur

 

 

 

 

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