La Nuit du Non

 

 

une nuit je n’y vis rien

un soir j’ouvrais mon vantail où non je n’y voyais rien

ni moteur ni un föhn de loofah de vent aspiré du brouillard

pas le murmure usuel des machines recouvertes

 

les autres ? où étaient-ils dormaient-ils

ou étaient morts oui bien je le croyais

quel âge heure année montait

j’étais bien la dernière vivante sur la terre

 

outlaw séparée mais du monde

 

et ses longs bras longs langues d’eau

ni froides ni non froides

dans Blancheville grège et en silence

 

sa cavatine humide et rêche

léchait les vitres non lumineuses

aux cent fenêtres sans fenêtres

 

vides

 

quand là-bas l’ultime vapeur siffla la brume ou non la brume

son flasque chauffeur y brisa toute sa force

souffla brama non visible non invisible

s’en allant ou ne revenait pas en train-fantôme

 

pour la dernière le dernier dernier vivant sur la terre

 

forcément si seul

il ne L’écoutait pas

il ne LA respirait pas

ç’aurait été trop définitif

 

toute la nuit

 

 

 

 

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