La Nuit du Non

 

 

une nuit je n’y vis rien

un soir j’ouvrais mon vantail où non je n’y voyais rien

ni moteur ni un föhn de loofah de vent aspiré du brouillard

pas le murmure usuel des machines recouvertes

 

les autres ? où étaient-ils dormaient-ils

ou étaient morts oui bien je le croyais

quel âge heure année montait

j’étais bien la dernière vivante sur la terre

 

outlaw séparée mais du monde

 

et ses longs bras longs langues d’eau

ni froides ni non froides

dans Blancheville grège et en silence

 

sa cavatine humide et rêche

léchait les vitres non lumineuses

aux cent fenêtres sans fenêtres

 

vides

 

quand là-bas l’ultime vapeur siffla la brume ou non la brume

son flasque chauffeur y brisa toute sa force

souffla brama non visible non invisible

s’en allant ou ne revenait pas en train-fantôme

 

pour la dernière le dernier dernier vivant sur la terre

 

forcément si seul

il ne L’écoutait pas

il ne LA respirait pas

ç’aurait été trop définitif

 

toute la nuit

 

 

 

 

Tellement brillant diamant noir

Tellement brillant diamant noir

 

 

 

 

À cent mètres de vous à la table montée

par un grand repas noir votre amie attendait

 

Les chevaux tournaient la musique tournait tout tournait

 

C’était à vol d’oiseau vous vous étiez garni

l’avion d’un vieux forain si haut c’était tournis

 

Les chaises tournaient les vaisseaux tournaient

 

La bière démoussait assise sur ses mains

vous l’aviez affamée quand l’appétit vous vint

 

Les verres tournaient les assiettes tournaient

 

Vous revenez enfin elle a mis tant de fièvre

 à suivre votre avion qu’elle a le cœur aux lèvres

 

La terre tournait la tête tournait lui tournait

 

Vous n’aviez pas dîné mais vous aviez très faim

mais vous n’avez rien dit mais elle comprit bien

 

Votre estomac tournait tournait

 

Demi-fâché vous retournâtes au manège

bien sûr vous attendiez que ciel vous allège

 

Vos avions toujours tournaient tournaient

 

Demi-content vous la voyiez par terre attendre

pour un grand repas blanc vous vouliez bien descendre

 

L’ombre tournait la lumière tournait

Vice puis versa l’inverse puis l’inverse

 

l’heure tournait

 

vous aviez deux moitiés chacune était mon cher

à demi tête en bas à demi tête en l’air

 

 

 

 

 

Tellement brillant diamant noir

 

 

 

 

À cent mètres de vous à la table montée

par un grand repas noir votre amie attendait

 

Les chevaux tournaient la musique tournait tout tournait

 

C’était à vol d’oiseau vous vous étiez garni

l’avion d’un vieux forain si haut c’était tournis

 

Les chaises tournaient les vaisseaux tournaient

 

La bière démoussait assise sur ses mains

vous l’aviez affamée quand l’appétit vous vint

 

Les verres tournaient les assiettes tournaient

 

Vous revenez enfin elle a mis tant de fièvre

 à suivre votre avion qu’elle a le cœur aux lèvres

 

La terre tournait la tête tournait lui tournait

 

Vous n’aviez pas dîné mais vous aviez très faim

mais vous n’avez rien dit mais elle comprit bien

 

Votre estomac tournait tournait

 

Demi-fâché vous retournâtes au manège

bien sûr vous attendiez que ciel vous allège

 

Vos avions toujours tournaient tournaient

 

Demi-content vous la voyiez par terre attendre

pour un grand repas blanc vous vouliez bien descendre

 

L’ombre tournait la lumière tournait

Vice puis versa l’inverse puis l’inverse

 

l’heure tournait

 

vous aviez deux moitiés chacune était mon cher

à demi tête en bas à demi tête en l’air

 

 

 

 

 

hymne

 

 

 

 

 

je suis belle et je l’aperçois

fils d’une instance chasseresse

grisé d’ornements accessoires

plongé dans l’isthme où mes seins naissent

 

je lui donne de la bonne herbe

à la rivière de vin vieux

vin vert le grise en camaïeu

méchante comme on dit les Serbes

 

schisme d’une aube qui finit

pour tous les jours recommencée

ça s’enfuit mais ça refleurit

 

un cœur cassé qui crève honni

a paressé

un rêve insensé a été mal caressé

 

 

 

 

 

 

Dis-moi toi là dis-moi

les banlieues des villes

le bourgeonnement des vignes

au risque de Dalila

 

partout au vent tout nu

où vas-tu alouette

ils vont te couper la tête

alouette les vois-tu ?

 

amis haïs assez

pour l’ignorance ils en avaient

ni attentive ni jamais

rassasiée d’ennemis

 

ils ont rasé leurs maisons

anesthésiés leurs oiseaux

cosmétiqués sales sans eau

leurs assises sont sans saisons

 

 

 

Ils coupent tout ce qui est fort

bouts de miroirs aux brins d’air

et on m’a priée de me taire

pour aimer l’amour et alors

 

 

 

mais ici mais un jour

pour le monde vu d’en haut

à force de mieux les mots

nous aurons notre tour

 

on leur coupera les blés

pour tes yeux pleins d’oppression

chansons s’en ficheront

et s’ennuieront danser

 

vues mitoyennes soufflez

l’abjection des cœurs assis

pour des juges avertis

pour des larmes de pitié

 

on repoussera leurs blés

tes yeux pleins d’opposition

chansons redeviendront

et glisseront danser

 

dis-moi toi là dis non

l’éblouissement surprise

le rends-tu compte vivre

pour les boucles de Samson

 

Frère vigne aux villes dort

belles volontés de la terre

et on m’a priée de me taire

pour t’aimer d’amour et alors

 

 

 

Ce soir je te capture ma beauté

je t’enclos au carré de ma page

tu n’es ni agneau ni cheval mon homme

tu es l’esquisse insaisissable

assise au lasso qui tournoie pour te tatouer

corral, corral

 

fantasme-moi

 

comme un trombone entre tes doigts insinueux

sur ton bureau

un bout de rut au détour de ta conversation

une seconde sauvage amuïe par une image

fixée profondément dans le mur le plus loin

malaxe le tournis d’une phrase avenue

 

retiens par cœur

la maxime du bilboquet

dont l’altitude tressautille

du choc où palpite son ventre

 

fantasme-moi

surprise surprise

c’est plus qu’un jeu

 

tu brilles en moi comme l’étoile unique au ciel

sur un champ d’ail ne veux-tu pas m’y emmener

je pleure d’être mordue par tes yeux mordorés

ils me font mal

plus rares et plus précieux que la prime étincelle

que le premier vent qui fut soufflé de mon envie

passe-moi la bague

carat, carat

comme un pur diamant bleu dans l’irréalité

 

fantasme-moi

prends-moi dans ta tête

au moins dans ta tête

fantasme-moi assis debout couché

fantasme-moi mon homme et monte

 

pour me prendre au mot

comme un germe

je ne joue pas cependant je gagne

et tu me manges dans la main

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cahin-caha

 

ce soir je te capture ma beauté

tu n’es ni cochon ni taureau mon homme

tu es l’innocence libre en cellule

enclose au carré de ma page

éprise, éprise

 

Tu recules dans ma prison

t’en iras-tu plutôt que de hâter ta délivrance

courage, courage

fantasme-moi

te l’avoues-tu ou quelquefois

viens au parloir nous en reparlerons

 

 

 

 

 

 

 

lui mauve

 

 

 

l’anneau du Nibelung

à son doigt…

de pied !

du haut de sa

fenêtre…encore sa fenêtre !

il a vu des choses

personne ne le croit

 

choses de quelle couleur

mauve – celle de la veuve jalouse

certainement

à moins que l’autre ne préférât

mauve

lui mauve ?

c’est certain

 

choses de quelle couleur ?

ni peu ni moins

oui mauves mais

que rien – mais qui ?

ne cesse

d’y trouver du mauve

à moins que l’autre ne préférât

 

c’est qu’en bas de lui

c’est qu’automatique

on ne se gratte pas, ne se frotte pas

le nez

INTUITIVEMENT

ce serait trop… obscène,

voir ci-contre ®

 

froid froid et regrets froids

quel sorte mauve pourrait être

si contre à sa fenêtre

là-haut lui mauve

ci-contre mauve

si contre en soi

si contre…

 

 

 

 

cento senza vibrato

 

 

 

 

Honey ohne love

 

 

my sweet little darling bab’

mon flacon de malt

ma joie bouchée

mon mignon Horace petit pot tout rond

mon dépuzzeleur

 

ma bonbonne de seltz

ma capsule intermédiaire

qui picore le bout de ma langue

le dessous de ma langue

 les côtés de ma langue

 

il m’aime tant

 

j’exploserais sans lui

mon monastère scaphandre

ma grenade bathyscaphe

mon plongeur de milles marins

mon alcoolière

 

je me le sers et je le bois

je le noie dans mon verre

mais sans eau

il est si pur

je vous prie sans eau