Ce soir je te capture ma beauté
je t’enclos au carré de ma page
tu n’es ni agneau ni cheval mon homme
tu es l’esquisse insaisissable
assise au lasso qui tournoie pour te tatouer
corral, corral
fantasme-moi
comme un trombone entre tes doigts insinueux
sur ton bureau
un bout de rut au détour de ta conversation
une seconde sauvage amuïe par une image
fixée profondément dans le mur le plus loin
malaxe le tournis d’une phrase avenue
retiens par cœur
la maxime du bilboquet
dont l’altitude tressautille
du choc où palpite son ventre
fantasme-moi
surprise surprise
c’est plus qu’un jeu
tu brilles en moi comme l’étoile unique au ciel
sur un champ d’ail ne veux-tu pas m’y emmener
je pleure d’être mordue par tes yeux mordorés
ils me font mal
plus rares et plus précieux que la prime étincelle
que le premier vent qui fut soufflé de mon envie
passe-moi la bague
carat, carat
comme un pur diamant bleu dans l’irréalité
fantasme-moi
prends-moi dans ta tête
au moins dans ta tête
fantasme-moi assis debout couché
fantasme-moi mon homme et monte
pour me prendre au mot
comme un germe
je ne joue pas cependant je gagne
et tu me manges dans la main
Cahin-caha
ce soir je te capture ma beauté
tu n’es ni cochon ni taureau mon homme
tu es l’innocence libre en cellule
enclose au carré de ma page
éprise, éprise
Tu recules dans ma prison
t’en iras-tu plutôt que de hâter ta délivrance
courage, courage
fantasme-moi
te l’avoues-tu ou quelquefois
viens au parloir nous en reparlerons
