Face à celles et ceux qui aiment Qui ont des peines et les prouvent Se croire un prince sans péché Parfait dans sa propre voilure Très satisfait de son allure Sans nuage, sans vent, luxure Honnie de l’impropriété
Dégager des chaleurs astrales Dans les miroirs de mâles flammes Pour tous les yeux braqués sur soi Dans le miroir braqué de tous les yeux Au regard de ses mâles flammes Parfait, satisfait, satisfait Avec une audace finie
Vider un fond de khôl qu’entoure Avec force un casque de hargne Qui commande une grande flotte De son équipée de vengeance Bercée sur des flots ravageurs Maquillée en bonté suprême Traits de retouches et de brume À la santé de l’Éternel
J’ai failli écrire et laisser en plan, comme sur Tinder :
« Je note sur ma To Do List qu’il faut absolument que je prépare un texte de présentation irrésistible : le hic, c’est que je procrastine, beaucoup, beaucoup, beaucoup... »
Mais on n’est pas sur Tinder : j’aurai moins de succès, et moins de visites.
Alors bon.
Vraie ou fausse biographie ?
Est-ce de la poésie ?
Qu’est-ce que la poésie ?
Femme, née le jour de la mort d’André Malraux, en proche banlieue parisienne.
Sevrée trop tôt. Fascinée par les tétines jusqu’à l’âge de treize ans.
Fume des cigarettes à la place.
Écrit des poèmes.
A peur des bébés.
Voulait être un garçon.
Études correctes. Fainéante. Bac à seize ans.
Traîne dans Paris.
Fréquente La Sorbonne.
Finit le conservatoire en violoncelle.
Un peu de piano.
Cesse de vouloir être un garçon.
Écrit des poèmes.
Master de littérature latine pourtant malgré tout sept ans plus tard.
Prof de langues anciennes.
Écrit des poèmes.
Commence une analyse.
Vingt ans de divan.
Joue dans un orchestre.
Écrit des poèmes.
Boit beaucoup trop de vodka.
Une vingtaine de séjours en hôpital psychiatrique.
Écrit des poèmes.
Se marie.
N’écrit pas.
Trop d’amants.
Tentative de suicide.
Commence un roman.
Divorce.
Deux garçons très beaux et très intelligents.
Arrête de boire.
Essaie d’arrêter de fumer.
Écrit des poèmes.
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